Si Gometz m’était conté….

Nous avons habité à Gometz pendant 22 ans et j’y ai enseigné pendant 13 ans.
Elfriede Eugène raconte

J’ai participé au Conseil Municipal pendant un mandat. J’ai apprécié le foisonnement culturel initié par le trio Jean-Claude Renault, Yves Huot-Marchand et Geneviève Dumont. Nos filles (la cinquantaine maintenant) parlent encore des fêtes grandioses qu’ils proposaient et qui brassaient toute la population du village et attiraient des spectateurs de tous les villages alentour.

Chasse aux poux en classe de mer à Carnac

L’école était petite : trois classes. Une année, la directrice- Michèle Larroque, proposa une classe de mer à Carnac pour tous les niveaux. Sitôt pensé, sitôt organisé.
On ferma l’école pendant une semaine pour investir le champ de menhirs et la plage ensoleillée de Carnac. Geneviève Dumont que nous avions embauchée comme accompagnatrice en a parlé encore des années après. Elle passait toutes ses soirées à faire la chasse aux poux sur les chères têtes blondes et brunes.

Pendant quelques années ma classe fut transférée dans les anciens bureaux Bertin, le long de la voie de l’Aérotrain. Pensez donc, une salle immense, le bonheur !

Une pirouette et un secret bien gardé

Pour y accéder, il fallait traverser un bout de prairie qui était souvent couverte de rosée quand nous arrivions le matin. On se déchaussait dans l’entrée pour mettre des pantoufles.
Un matin donc, d’un pas dynamique dans mes chaussures à talons, un cartable dans chaque main, je traversai cette entrée et… me retrouvai par terre, entourée de mes cartables. Au-dessus de moi, les visages semi inquiets aux sourires pincés me dévisageaient. Je leur ai dit qu’ils avaient le droit de rire car c’était quand même assez rare de voir une maîtresse avec ses cartables à plat dos par terre.

Alors là ce fut l’explosion…ils avaient du mal à retrouver leur sérieux. Moi-même j’en riais aux larmes en pensant à l’histoire qui allait faire le tour du village.
J’ai interrogé, les jours suivants, mine de rien quelques parents pour savoir comment l’incident leur avait été rapporté.

Mais non, pas du tout…personne n’était au courant.

Ce fut un secret entre eux et moi. J’ai hautement apprécié leur discrétion.

Classe de neige à la Rosière

C’était en 1983 ou 1984.

Jean-Claude Renault, adjoint au maire, chargé des écoles, a proposé aux classes de CE2, CM1/CM2 un séjour de ski à la Rosière, à la frontière italienne. Les voyages aller et retour se feraient de nuit en autocar.

Le centre d’hébergement était situé aux pieds des pistes ce qui était très pratique.

Le séjour devait durer trois longues semaines. De quoi apprendre à skier à la perfection.

Nous avons eu droit à une rallonge de trois jours, les autocars ne pouvant circuler à cause d’importantes chutes de neige. Les voitures stationnées devant le centre avaient disparu !

Les matinées étaient consacrées au programme scolaire et à quelques visites d’artisans et d’éleveurs du secteur. Nous avons aussi passé une matinée à l’école du village. Pour y accéder, nous avons passé dans un tunnel creusé dans la neige.

Chaque classe avait préparé une série de questions.

Une des élèves de La Rosière voulait savoir quel type de remonte-pente nous avions à Gometz-la-Ville !!!

Bien évidemment, deux fois par semaine, les élèves écrivaient à leurs parents. Le contenu, invariablement, était de cet ordre : Je mange bien, je joue bien, je skie bien, je m’amuse bien… Pas de quoi satisfaire la curiosité un peu craintive des parents.

J’ai donc fait une lettre détaillée polycopiée que chaque élève a joint à sa missive personnelle.

J’ai décrit la vie au centre et pour égayer le tout j’ai rajouté les diverses réactions inattendues, les remarques drôles et aussi quelques-unes de leurs bêtises. Tout cela sans en nommer les auteurs.

Il s’est trouvé que les lettres sont parvenues aux parents le samedi matin où il y avait une fête au foyer rural le soir. Tous les parents se sont donc retrouvés avec la lettre en poche et les commentaires allaient bon train.

« -Celui qui a fait pipi dans la poubelle pour ne pas réveiller les copains de la chambre à cause de la porte qui grinçait c’est le mien !

-Celle qui s’est affolée au changement de chauffeur en cours de route, croyant qu’il n’y avait plus personne au volant, c’est la mienne. »

Cela les a changés du sempiternel : je mange bien, je dors bien.

Au retour, quand l’autocar a pénétré dans le village, il pleuvait. Une élève assise non loin de moi a fait la moue et a marmonné, dépitée :

-Que c’est moche et sale ici !
Bien sûr, nous n’avions vu que du blanc pendant trois semaines et demie.
Le contraste était en effet déprimant.

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