La Vacheresse

Le Fief Blanchard
Le Fief Blanchard

L’histoire du hameau de La Vacheresse par M. Rousseau, historien de Gometz la Ville qui y a habité de longues années

Ce document est extrait d’un bulletin municipal de Gometz la Ville de janvier 1989

La Vacheresse

Un habitat très ancien

C’est un des très anciens « lieux-dits » de Gometz la Ville : un hameau de quelques maisons au carrefour de la route de la Gruerie (en 2019 rue de La Vacheresse) et du Chemin de Ragonant (en 2019 Route de Ragonant). L’endroit est habité depuis très longtemps comme le montrent les publications de la section « Archéologie » du CEA qui, en prospectant le long du tracé présumé de l’antique voie Lutèce-Autricum (Chartres), a découvert à proximité du hameau, les traces d’un habitat gallo-romain important.

Des documents du début du XVIème siècle relatent les déclarations de deux laboureurs de La Vacheresse, Jehan Buisson et Jehan Rousseau, qui témoignent dans le procès au sujet des dîmes inféodées de la Folie Rigault et de la Folie Jodoin ( ).

Moins ancien est, du 9 mars , l’acte le plus explicite par lequel « Noble homme Jehan de la Rochette, seigneur des Molières, gentilhomme de la Chambre du Roy, notre Sire, vend à Messire Loys de Villeneuve, chevalier de l’ordre du roi, gentilhomme de la maison de sa Majesté, Capitaine Gouverneur de Dourdan, Seigneur de Bonnelle… le Fief de La Vacheresse tenu mouvant du sieur de Bretonnelle à cause de son fief des Granges assis à « Châtres soulz Montlérys » (Arpajon) »

Prix 400 livres tournois (dans le même acte de vente : 1700 livres pour Ragonant).

Jehan de la Rochette avait acheté le tout à Louis de Bergerat.

L’AVEU DE 1649

Ainsi comme Belleville, comme Ragonant, La Vacheresse était un fief et nous en avons une descrip­tion précise dans « l’Aveu et Dénombrement » du 15 décembre 1649, présenté par le nouveau propriétaire: Gilles de Trappu.

« Fut présent Gilles de Trappu, Bourgeois de Paris, Seigneur de Belleville, Baudreville, la Vacheresse… demeurant en cette ville de Paris, place de Grève, paroisse Saint Gervais lequel a dit et déclaré qu’il avoue tenir à « une seule foye et hommage » de Messire Louis Mercier, seigneur de la Norville, Mondouville, Grigny et du fief des Granges à cause de son dit fief des Granges situé à Châtres, le fief, terre et seigneurie de La Vacheresse situé en la paroisse de Gometz la Ville au Comté de Limours. . .  »

Et une note précise que le sieur de Trappu l’a acquis « à cause de l’échange par lui fait avec damoiselle Anne Leduc, veuve Mathurin de MarIes, vivant seigneur de Ragonant et du dit fief de la Vacheresse ».

Le fief consiste en « 97 arpents (2) d’héritages en trois pièces chargées de douze deniers parisis de cens par arpent – une petite maison et jardin sis au dit lieu de La Vacheresse appartenant à Denis Buisson et son enfant (deux poulets de cens ou cinq sols au choix) et cinq portions de maison chargées chacune d’un cinquième de poule payable au dit avouant en sa table du dit lieu de La Vacheresse, par chacun an, le jour Saint Rémy ».

L’acte décrit minutieusement chaque pièce de terre, sa contenance et ses limites. La première de 52 arpents jouxte le clos de Malassis et Feuillarde, la pièce de terre nommée la pointe Janette (3) et le fief Lambert, la seconde contenant 37 arpents « tenant d’un côté vers midy au chemin de Solligny à Saint Clair, d’autre part au septentrion au chemin de Gometz à Chevreuse et aux jardins du fief Blanchard appartenant à la Maladrerie de Limours et aux terres de la dite Maladrerie possédées par les héritiers Merry Rousseau… un bout vers occident à messire Samuel Darcolle d’acquisition par lui faite de Pierre de la Rochette dans laquelle pièce de terre est une maison appartenant au dit avouant ayant corps de logis à demeurer, grange jardin, étables aussi dans ladite pièce de terre les autres maisons du dit lien de La Vacheresse… Item juit arpents de terre en une pièce, lieu dit « la Diardine », et tenant au chemin de Belleville à Baudreville… »

Dans cet aveu, il n’est pas fait mention de droit de justice alors que le Seigneur de Ragonant s’enorgueillit de posséder haute, moyenne et basse Justice dans son fief.

La Vacheresse, de superficie très modeste, est un nouvel exemple de ce régime féodal qui s’est perpétué jusqu’à la Révolution et qui derrière des formules et des mots « sujet, vassal, tenir en plein fief foy et hommage » n’est plus qu’une forme de propriété.

Rappelons que Gometz la Ville appartenait à la chastellenie de Gometz dite « baronnie de Saint Clair », mais le fief de La Vacheresse relève du Seigneur de la Norville à cause d’un fief d’Arpajon le fief des Granges dont relèvent également les dîmes inféodées de Ragonant.

des Granges dont relèvent également les dîmes inféodées de Ragonant.

Pourquoi ce morcellement ?

C’est sans doute une conséquence de la grande crise de la guerre de cent qui a dépeuplé les campagnes. A la fin du XIVe siècle, la place de Gometz la Ville est « devenue déserte par un effet des guerres et des mortalités ».

Belleville, Ragonant, La Vacheresse, c’est essentiellement une ferme.

En les érigeant en fiefs, les grands propriétaires ont cherché à attirer sur leurs terres abandonnées des habitants capables de les remettre en état. Des fiefs qui, au XVIIe siècle, à Gometz la Ville, appartiendront à des bourgeois parisiens, gens de robe détenteurs d’un office royal.

LA FERME DE LA VACHERESSE

Jusqu’à la Révolution, ce système féodal va subsister. En 1765, Pierre Juvénal Gallois, conseiller en la Chambre des Comptes, se reconnaît « sujet et vassal » du Seigneur de la Norville à cause de son fief des Granges et avoue tenir de lui

« Le fief de La Vacheresse consistant en une maison appelée l’Hôtel de La Vacheresse, grange, écuries, étables, jardin, colombier à pied et autres dépendances. Le tout clos de murs et en censive à raison de quinze deniers tournois par chaque arpent et autres droits seigneuriaux sur 97 arpents ou environ de terres ».

A un siècle de distance la déclaration est semblable y compris les noms des propriétaires de maisons. (4)

La Vacheresse est essentiellement une ferme dont les terres, d’ailleurs, ne correspondent pas entièrement aux 97 arpents décrits. Des parcelles appartiennent à d’autres propriétaires – Montvoisin, Feuillarde, qui paient les redevances féodales au Seigneur de La Vacheresse, qui lui-même doit le cens à ceux de Ragonant ou de la Folie Rigault pour les terres qu’il possède dans leur censive. Mais le plus important des revenus ce sont ceux de la Ferme qui est louée à des laboureurs: Thomas Huvelin, Pierre Duval…

En 1754, le propriétaire, M. Duderé de Graville, donne à bail à Jean Pescheux, « I laboureur » et Marie-Catherine Grosset, sa femme, les deux fermes de Belleville et de La Vacheresse jusqu’alors louées séparément.

« La ferme de La Vacheresse consistant en batiments propres à loger… four, cellier, toit à porcs au bas d’une tourelle, porte cochère et porte à côté, jardin attenant les dits-lieux, un puits étant dans le jardin, terres labourables, bois, taillis, mares… »

C’est une belle ferme que les propriétaires se sont attachés à agrandir, même pendant la Révolution.

En 1791, le dernier Seigneur de La Vacheresse, M. Devin, Président en la chambre des comptes, achète avec deux petites maisons qui jouxtent la fermé, des pièces de terres sises à la Mare Jodouin ou au « Champtier de la pointe Jeannette », traversé par le chemin de Tailibourderie à La Vacheresse.

Les actes de vente sont intéressants, , car ils illustrent les difficultés nées de la Nuit du 4 août 1789. L’Assemblée a aboli les privilèges, supprimé les droits féodaux sur les personnes – comme la corvée mais ceux qui frappaient la terre ont été déclarés rachetables.

Un acte de vente précise que les vendeurs ont fait par huissier  » des offres à M. Lebrun propriétaire du ci-devant fief de Ragonant pour le rachat des droits féodaux qui étaient dus… »

Et d’un autre acte :

« Par exploit porté par Patenôtre, huissier à cheval… des offres réelles ont été faites pour le rachat des droits de lods et ventes aux divers cy-devant seigneurs desquels relevaient les biens présentement vendus » .

Quittances en seront données.

La vente de la ferme

Avec la Révolution, il n’y a plus de Fief de La Vacheresse. Les vieux titres féodaux apportés à la Mairie par le fils du ci-devant seigneur : le citoyen Devin, sont brulés « à l’instant » le 16 octobre 1793.

Mais la ferme, tenue alors par la veuve Michel Pescheux, est toujours propriété de la famille Devin, jusqu’à la mort de Mme Devin de Belleville, « La Présidente », en 1832.

Ses filles mettent alors en vente, séparément, les deux domaines de Belleville et de La Vacheresse.

La ferme de La Vacheresse compte 68ha 21a (ou 161 arpents 43 perches en anciennes mesures).

Les pièces de terre se trouvent au Chantier du vieux pressoir, à la Haye Tournée, au Pré des Eaux et même à Hauterive…

Elle est louée pour 12 années à Pierre Denis Pescheux 5700F par an et, à la demande du bailleur, pour chaque année 15 poulets, 12 chapons, 3 dindons et 20 paires de pigeons.

C’est un nouveau venu dans la commune, originaire de Briis – le fermier de Baudreville, M. Louis Charles Mazure – qui achète en 1833 la ferme de La Vacheresse 140.600F. Il procédera à des échanges, regroupera les terres. Les bâtiments seront démolis et seule aujourd’hui une dépression rappelle l’emplacement de la mare d’une quizaine d’ares qui se trouvait à côté.

Avec la disparition de la ferme, la population La Vacheresse, qui comptait 42 habitants en 1807, a diminué de façon sensible. Mais les maisons, libérées des servitudes féodales, transformées, groupées comme elles apparaissaient sur le plan d’intendance de 1783 ou le cadastre de 1810, sont restées.

Elles viennent d’être numérotées : une promotion.

LA FERME LACHENY

C’est la plus importante. Elle apparaît très modeste dans la première description qui en est faite lors de la vente, en 1840, par les héritiers Maréchal à M. Vallet, journalier à La Vacheresse.

« Un corps de bâtiment couvert en paille, consistant en une chambre à feu dite maison et une grange à côté, jardin derrière tenant par devant à la rue de Vacheresse ou Chemin de Limours à Gif, par derrière à la Ferme de La Vacheresse appartenant à M. Mazure , d’un côté du midy à une place à bâtir située près du chemin et à la Ferme de La Vacheresse et d ‘ autre côté du Nord au Chemin de Chevreuse à Gometz la Ville ».

Elle a déjà changé lorsque le grand-père M. Léon Lacheny, M. Cineau, berger, l’achète en 1904 aux époux Manceau.

A force de travail, elle est devenue une petite ferme active qui, comme toutes les exploitations agricoles, s’est transformée, modernisée.

Plus de moutons depuis la mort de M.Cineau. Les deux chevaux, les quatre vaches ont disparu.

L’implantation de Chevry a bouleversé la répartition des terres et l’activité de la ferme. L’élevage de la volaille, le jardinage ont pris plus d’importance et beaucoup sont heureux de venir faire leur marché à la ferme, d’y acheter des produits frais et sains.

Une vie bien différente de celle qu’ont connue les grands parents Cineau et les parents Lacheny.

LA MAISON BESSADA

En direction des Molières, la route contourne le pignon d’un bâtiment en trois parties dont l’extrémité en bordure de la route est une grange annexe de la ferme Lacheny. Les deux autres parties forment la Maison Bessada.

Elles appartenaient à la fin du XIIIe siècle à Pierre Duval ou à Claude Maréchal, des laboureurs.

En 1856, elles sont la propriété de M. et Mme Lagrue. Depuis elles sont restées dans la famille. Un acte ancien note l’existence des deux maisons contiguës , « le tout tenant à la place et à la mare de La Vacheresse » – elle aussi comblée.

La maison comporte aussi toit à porcs, cabane à lapins, jardins et une pièce de terre labourable: un témoignage sur la vie d’autrefois.

LE CAFÉ BOUFFAUD

De l’autre côté de la route, c’est la maison Bouffaud, une maison qui depuis un siècle, appartient à la même famille.

Achetée à la fin du XIXe siècle par M. et Mme Meertz, ils y avaient ouvert un café fréquenté
par les ouvriers des fermes voisines, très nombreux à cette époque.
Il avait ses habitués  ; charretiers, travailleurs saisonniers s’y retrouvaient pour y boire un « canon » et s’y reposer un instant.

Madame Suzanne Bessada se rappelle que le 1er janvier, quand elle venait souhaiter la Bonne Année à sa grand’mère Petit, son père M. Toqué emmenait toute la famille prendre l’apéritif au café Bouffaud.
Le café Bouffaud,le seul de la plaine, a fermé à la fin de la guerre (en 1945).

LA PROPRIETE REVERSE

Face à la Ferme Lacheny, deux maisons mitoyennes ( N° 2 et 4 ) propriété de la famille Bunout et de leur fille, Mme Reversé.

La plus ancienne est le n° 4. Sous le Second Empire, elle était la propriété d’un berger : Jacques Bunout.

En 1869, il achète la maison voisine – aujourd’hui n° 2. En 1829, lors de la vente par Pierre Denis Pescheux à Jean François Grosset, charretier, c’était « une maison couverte en tuiles et contenant une chambre à feu ayant four, autre chambre à côté, grenier par dessus, jardin par derrière dans lequel sont la voûte du four et un puits commun avec Pierre Duval, au total 7a 28ca « .

En 1869, elle comprend « par bas deux chambres une cuisine, au premier étage deux chambres, étable et pièce avec four au pignon de la maison – le tout d’une contenance de 22a 70ca « .

Peu d’ouvertures et protégées par de solides barreaux à l’arrière. La maison s’ouvre sur le devant, sur la cour, la route, les voisins. On comprend l’ importance du voisinage dans un hameau isolé au milieu de la plaine comme La Vacheresse et combien précieux est d’avoir de bons voisins.

En 1952, les maisons sont revendues séparément. C’est ainsi que nous sommes devenus propriétaires du n°2. Dans la maison voisine achetée par M. Hottin habitent M. et Mme Conan. Leurs enfants jouent avec les nôtres. C’est avec regret que nous les voyons quitter La Vacheresse.

La maison devient alors la propriété d’un jeune ménage de chercheurs qui y fait d’importants travaux. Hélas, Bernard Huron, un astronome qui vient d’être reçu Docteur ès Sciences, meurt victime d’un accident de la route. Quelques années plus tard Mme Huron disparaît, emportée par une maladie à laquelle elle a fait face avec un courage lucidité que personne n’a oubliés.

Mais il n’y a pas que des maisons anciennes à La Vacheresse. En 1967, Raymond et Blandine Bessada ont construit leur maison (n° 8) à l’écart de la route, sur un terrain de famille.

Et André Lacheny vient de commencer la sienne derrière la vieille maison. . .

Il est intéressant de remarquer que les vieilles maisons dont nous venons de parler étaient avant la Révolution la propriété des « laboureurs » de Gometz : Duval, Maréchal, Pescheux,qui les louaient. Au cours du XIXe siècle, elles ont été achetées par des ouvriers agricoles, bergers, charretiers, qui les ont profondément transformées et agrandies. On notera aussi que trois sur quatre sont dans la même famille depuis plusieurs générations.

Seule a été vendue la propriété Reversé.

Une conséquence de la guerre 1914-1918 au cours de laquelle Mme Reversé avait eu le malheur de perdre son fils, Fernand Reversé mort pour la France  » ; comme Leon Cineau, comme Fernand Meertz, comme Henri Petit.

A La Vacheresse, les quatre maisons ont été ainsi cruellement frappées.

BLANCHARD

Tout proche de La Vacheresse, sur la route de Ragonant, Blanchard est un autre vieux nom du terroir, rencontré déjà à propos du procès des dîmes de la Folie Rigault au cours duquel avait témoigné Bernard Blineau « laboureur à Blanchard, près La Vacheresse » .

Gilles de Trappu faisant l’aveu de son fief en 1649 pari e des « jardins du fief Blanchard appartenant à la Maladrerie de Limours et aux terres de la dite Maladrerie possédées par les héritiers Merry Rousseau ». On se rappelle ce qu’était une maladrerie : un établissement pour soigner au Moyen-Age les lépreux et qui bénéficiait, à ce titre, de fondations charitables.

Mais nous ne savons rien de la maladrerie Limours, sinon que d’après la chronique « Limours et son histoire », à la fin du XVIe siècle « la maladrerie de Linas possédait quelques lits réservés aux limoursiens ».

Dans son Histoire du Diocèse de Paris, l’Abbé Lebeuf signale un arrêt du Conseil d’Etat en date du 31 août 1697 qui a uni « les biens venus de la maladrerie de Linas à ceux de l’ Hôpital de Montlhéry »

HOTEL DIEU PORCHE

Construit comme léproserie de Saint-Pierre en 1149, il ne reste du bâtiment primaire que le pittoresque porche situé sur le côté droit de la tour carrée de l’Eglise.

(Inventaire des Monuments Historiques du 6/3/1926)

Jusqu’à la Révolution, le fief Blanchard fera partie de la Censive de l’Hôtel-Dieu de qui va perdre à Gometz tous ses revenus avec l’abolition des droits féodaux. Toutes les terres ont été aliénées et le « Seigneur » n’y possède plus rien en propre.

Des laboureurs Louis Maréchal, Jacques Pescheux – Julien Devin, propriétaire de Belleville, Jean Breton, sont propriétaires d’une mosaïque de parcelles.

Nous n’avons pas trouvé de description de Blanchard antérieure à 1903. A cette date, M. Manceau, cultivateur demeurant à La Vacheresse, vend à M. Bara, charron, dont la famille est bien connue dans la commune, « un corps de bâtiment. sis au hameau de Blanchard comprenant une chambre, étable, écurie, petite remise à côté… » et l’ acte qui mentionne des emplacements d’anciens bâtiments précise que la propriété regroupe de multiples acquisi­tions de divers propriétaires: Marcou, Duval, Breton.

Lorsque M. et Mme Girardin achètent la maison en 1922, elle comprend « chambres, étable, écurie, petite remise à côté, grenier au-dessus du tout, jardin devant et derrière les bâtiments ».

« Une coquette chaumière » écrira en 1948 le journaliste qui fera le récit du crime. Car Madame Girardin va y connaître un sort tragique.

UN DOUBLE MEURTRE

En 1948, le samedi 23 octobre, un visiteur découvrait les cadavres de Mme Girardin et celui d’un jeune homme de 21 – son neveu – assommés et étranglés.

La mort remontait à l’avant-veille. On n’avait rien vu, rien entendu… L’Affaire fit sensation.

Le journal de Rambouillet, « Le Progrès » s’intéressait à la personnalité de la victime. « D’origine allemande, ancienne cuisinière de la famille Roosevelt, Mme Girardin âgée de 69 ans, habitait la région depuis une vingtaine d ‘années, seule, ( son fils tué en 1940, son mari décédé en 1943 ) elle avait décidé d’adopter son neveu, un jeune allemand de 21 ans…  »

L’assassin qui devait être très vite arrêté avoua non seulement le meurtre de Mme Girardin et de son neveu « qui lui avaient résisté », mais aussi trois autres crimes et une dizaine de cambriolages – le tout dans la région et en six semaines – des actes criminels qui avaient bouleversé l’opinion.

Surpris au cours d’une tentative de cambriolage à la ferme Lebrun de Baudreville, le criminel avait réussi à échapper à ses poursuivants parmi lesquels, M. Jean Lerebour, qui se souvient.

LA MAISON DEDDE

Resté à l’abandon plusieurs années après le drame, Blanchard a été acheté en 1959 par M. et Mme Dedde. Des travaux importants en ont fait la belle propriété que l’on aperçoit derrière son mur – au milieu des arbres.

Aujourd’hui elle n’est plus isolée dans la plaine. Au-delà des jardins de Blanchard, au « Champtier de la Sacletterie » M. Pica et M. Le Besque, des « Castors », ont bâti de leurs mains en 1966 deux maisons jumelles que masque déjà en partie un mur de verdure, une haie de thuyas, impeccablement taillée.

Au-delà c’est le vaste horizon de la plaine et des champs …

Le lecteur nous excusera de nous être un peu attardés dans ce hameau où nous vivons, qui nous est cher. Malgré l’implantation de Chevry, les transformations, la circulation, il garde son caractère. Et dans ses vieilles maisons dont l’histoire nous a entraînés un peu loin, nous aimons retrouver le souvenir de ceux qui, patiemment, les ont faites et y ont vécu.

Cette étude a été réalisée à l’aide de documents conservés aux Archives de France et de l’Essonne et grâce à l’obligeance de Maître Graftieaux. A tous ceux qui nous ont aidés, nous exprimons notre gratitude. Merci au journal « Les Nouvelles de Versailles » qui, très aimablement, nous a permis de consulter la collection du « Progrès de Rambouillet » .

NOTES

1. Daniel Giganon. Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie C.E.A. – 1978 (1979)

2. Arpent: 42a 21ca

3. La Pointe Genète sur le cadastre de 1810.

4. 15 deniers tournois correspondant à 12 correspondant à 12 deniers parisis qui valaient « un quart davantage »

5. Les redevances féodales seront abolies définitivement sans rachat par le décret de l’Assemblée législative du 25 août 1792.

6. En 1789, les chanoines de Linas possédaient, à Gometz la Ville, une dîme d’environ 100 arpents, affermée à la veuve Michel Pescheux de Belleville, 120 livres par an.

Etait-ce un héritage de la Maladrerie de Limours ? (Rappelons – voir le numéro de Juillet 1988) qu’à la veille de la Révolution, les dîmes inféodées de la Folie Rigault sont affermées à un journalier demeurant à La Vacheresse : Jean-Baptiste Auger).