Mon père m’a raconté…

La ferme de la Vacheresse

Ce récit est une suite d’histoires rapportées par mon père Léon Lacheny, mes grands parents Marcel et Germaine et Bernard Amiot (notre facteur de l’époque).
Par André Lacheny. Février 2026

André Cineau, le berger de la Vacheresse

André CINEAU gardait ses moutons et ceux de la ferme de Ragonant. Il avait une petite charrette qui devait lui servir d’abri en cas de pluie. Il devait la déplacer suivant la parcelle. Par contre il avait toujours avec lui son grand parapluie qui lui servait d’ombrage ou de protection contre la pluie et bien sur son bâton de berger.

Le troupeau était surveillé par ses chiens. Sur les photos, on voit toujours un bouc (pourquoi ?). Il se déplaçait avec son troupeau en empruntant la route ou les chemins (peu de circulation à cette époque).

Mon père m’a raconté qu’une année au mois d’août, ils ont été obligés de soigner les moutons en les plongeant dans une solution. Ils prenaient chaque animal par les pattes pour ne pas leur faire mal. Ce fut épuisant avec la chaleur et le poids des moutons.

Le décès

C’est Bernard, le facteur, qui fut surpris à Mauregard, les moutons étaient rassemblés autour de la charrette. Ils étaient gardés par les chiens. Il n’a pas pu approcher. Il retourna à la ferme pour prévenir que quelque chose était anormal. Mon père et grand-père ont eu des difficultés à s’approcher.
Le berger était décédé parmi ses moutons et ses chiens. Il fut ramené à la ferme, suivi par le troupeau et encadré par les chiens.

Pour lui, je crois que ce fut une belle mort.

Le café Bouffaud

Ce café était tenu par Mme Bouffaud connue sous le nom de Nana Meertz. Beaucoup d’ouvriers agricoles et des saisonniers le fréquentaient. A chaque saison, un travail différent (binage des betteraves, moisson, etc.)

Le bistrot en lui-même était précaire. Pas de comptoir, pas de machine à café, pas de bières pression. Les consommations étaient simples : vin servi au verre (un petit canon), café fait maison mais surtout le pousse café (eau de vie ou gnôle). Le travail étant dur physiquement.

Il fut fermé à la fin de la seconde guerre.

Tout m’a été raconté par mon père et mes grands parents.

Pierre et Renée Rousseau

Ils achetèrent leur maison de la Vacheresse en 1951. Mr Rousseau avait des affinités dans la région. Un cousin habitait Les Molières et son grand père était jardinier et cocher au château de Belleville. La famille venait le dimanche prendre un grand bol d’air.

Quand ils furent à la retraite, ils s’installèrent définitivement à la Vacheresse

Carnaval

Une année, pour Carnaval, Mme Rousseau confectionna des costumes pour ses 8 petits enfants. Les 5 garçons en mousquetaires du roi et les 3 filles en princesses. Ils avaient de la prestance avec leurs habits digne du cinéma.
Tous étaient fiers de Ma reinette.

« Ma reinette ». Pourquoi ce surnom ?

C’est Pierre Rousseau qui lui a donné ce surnom. Arrivé à la Vacheresse, il planta un pommier Reinette. Tous les petits et arrière petits enfants l’ont toujours appelé Ma reinette.

La galette

Pendant plusieurs années, nous allions partager la galette faite maison par Mme rousseau. Son mari assurait le service. Nous nous souhaitions la bonne année accompagnée du champagne. Pierre coupait le gâteau et servait le champagne (sous la surveillance de Renée).

La réunion de famille l’été

Chaque année, ils réunissaient toute la famille, plus les saisons passaient, plus de convives. Cela donnait lieu à de grandes tablées. Renée était au fourneau et Pierre à l’intendance. Quelques scènes cocasses avaient lieu. Un exemple :

Renée : « Pierre, va chercher… chez Ginette (ma mère) »

Pierre : « Oui Ma reinette, tout de suite »

Quelques minutes plus tard :

Renée : « Pierre ramène moi … du jardin »

Pierre : « Oui Ma reinette »

Mr Rousseau était toujours avenant.

Au bout de plusieurs aller-retours. On entendait Mme Rousseau (elle avait une voix grave et haute.

Renée : « Pierre, Pierre »

Pas de réponse. Au bout d’une minute, il daignait répondre.

Pierre : « oui ma reinette »

On voyait arriver Mr Rousseau et il nous disait : « Ça a du bon d’être dur d’oreilles »

Tout cela dans la bonne humeur. Nous avions la preuve d’un couple uni et complice.

Les premières visites de Paris

J’ai eu l’occasion de faire une sortie dans le Marais à Paris. Pierre Rousseau nous racontait des faits historiques (la rue de l’assassinat d’Henry 4).
Au détour d’une rue, nous avons eu la chance de pouvoir rentrer dans la cour d’un hôtel particulier qui était en travaux mais Mr Rousseau a réussi à entrer. Il nous a raconté l’histoire du lieu. Certains ouvriers l’ont écouté. C’était toujours agréable à l’entendre parler.

Il faut savoir que Mme Rousseau était professeur de français et son mari professeur d’histoire géo. C’était très enrichissant et plaisant quand ils prenaient la parole.

PS : Toutes les anecdotes sont réelles.

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