Renée ROUSSEAU

Madame Renée ROUSSEAU
Madame Renée ROUSSEAU

Préambule 

Pierre et Renée Rousseau ont marqué l’histoire de Gometz La Ville. Tous deux enseignants à Paris, ils se sont attachés à ce village où ils ont résidé dans un premier temps pour les week-ends et les vacances. Puis à l’heure de la retraite, ils s’y sont investis. Leur intérêt pour les habitants, et pour la commune et son église, les ont conduits à s’impliquer de plus en plus dans la vie du village. Pierre a été conseiller municipal. Ils ont organisé des sorties théâtre à Paris ouvertes à tous. Ils se sont engagés dans la paroisse et dans l’animation des célébrations. Renée a fait du soutien scolaire ; plus d’un enfant lui savent gré du temps qu’elle leur a offert et de la rigueur qu’elle leur a imposée.

Historien passionné, Pierre a mené des recherches sur le passé de Gometz La Ville et a produit des chroniques. Chaque bulletin municipal permettait aux habitants de découvrir une tranche de l’histoire de Gometz et des environs. Sous leur impulsion et avec leur participation active, une grande exposition historique a été organisée en novembre 1984.

Pierre Rousseau est décédé en 2004 à l’âge de 92 ans laissant une œuvre qu’AmiGoVille veut rappeler et poursuivre. Son épouse a poursuivi, dans leur maison du hameau de La Vacheresse, une vie intellectuellement et socialement active. Visitée fréquemment par ses enfants et petits-enfants, en liens réguliers avec un voisinage attentif, elle est devenue la doyenne de Gometz La Ville. Après avoir célébré ses 100 ans en famille, Renée Rousseau a partagé avec Andrée Gillion, une habitante née dans ce village, une fête préparée par la municipalité pour ses centenaires révérées.

C’est un sentiment de reconnaissance que nombre des gometziens gardent vis-à-vis de ce couple. Par leur générosité, ils laissent un patrimoine vivant et fructueux. L’association AmiGoVille s’est créée largement en s’appuyant sur leur exemple et sur ce qu’ils ont produit. Pour marquer leur gratitude, à la fois envers Pierre pour ses travaux de recherche historique et envers Renée, sa précieuse collaboratrice, pour l’accueil chaleureux qu’elle leur a réservé pour la transmission de cette œuvre, les fondateurs d’AmiGoVille ont désigné Mme Rousseau, Présidente d’honneur de leur association.

Interview de Mme Renée ROUSSEAU le 21 mars 2017

Pour recueillir ses souvenirs et son témoignage sur sa vie passée à Gometz et celle de Pierre, son mari, nous avons sollicité un entretien avec Mme Renée Rousseau. Nous, c’est-à-dire, André Lacheny et Thérèse Bouvet, sa sœur, voisins depuis leur enfance de Pierre et Renée Rousseau, et moi, Michèle Guillaume, guidée par Pierre dans la découverte de Gometz La Ville en 1982, peu après l’arrivée de notre famille dans ce village.
Renée, âgée de 98 ans, nous reçoit chaleureusement dans sa maison à La Vacheresse, en compagnie de Mylène, l’une de ses filles. Renée a toujours sa vivacité d’esprit et une mémoire étonnante. Elle renâcle contre les problèmes de l’âge qui l’empêchent de rester autonome malgré son tempérament volontaire. Nous sommes installés devant une tasse de thé et André entreprend la conversation à partir de souvenirs qu’ils ont en commun. La richesse de ceux-ci ne nous permettra pas d’en faire le tour en un seul entretien. Mais retour sur cette première étape … l’achat d’une maison à Gometz-La-Ville.

À la recherche d’un havre de nature et de paix pour les week-ends et les vacances.

Famille Rousseau Pâques 1948
Famille Rousseau Pâques 1948

C’est en 1951 que Pierre et Renée ROUSSEAU ont acheté leur maison du hameau de La Vacheresse pour avoir une résidence de week-end et de vacances.

« Avec nos trois enfants encore petits (Philippe, Mylène et….. ), nous habitions alors à Paris, près du bois de Vincennes. Comme nous avions dirigé une maison de jeunes en Haute-Saône, nos enfants étaient habitués à l’air et à la nature. Pour les emmener courir dans les bois là-bas, nous mettions une demi-journée pour aller, et autant pour revenir. Nous avons donc recherché une maison de campagne plus près pour leur offrir un lieu de détente pour les week-ends.

Pierre avait des attaches avec cette région de l’Essonne car son grand-père avait été jardinier au Château de Belleville. Nous avions prospecté dans les environs. Des amis des Molières nous proposèrent de chercher pour nous et trouvèrent cette maison. Elle n’avait pas été entretenue depuis plusieurs années. Le terrain était considéré comme un verger de poiriers. Lorsque nous sommes entrés, il y avait des framboisiers et des arbres recouverts de lierre, le tout dans un état épouvantable. Ce jardin en friche était tellement touffu que nous n’avions même pas vu qu’il y avait un mur au fond recouvert de rosiers. Nos voisins de l’époque étaient M. et Mme Conan, locataires de M. et Mme Hottin.

Les premières années, nous sommes peu venus car nous avons dirigé pendant encore 5 ans une colonie du Touring-Club de France. C’étaient des camps de vacances avec recherche de la nature. Dans les années 1960, nous avons commencé à faire quelques travaux de réfection de la maison car elle était vraiment en mauvais état, même pour une maison de vacances. Dans une rédaction, notre fils Philippe, de 8 ans, avait raconté à notre arrivée, qu’il avait trouvé dans un coin de la maison « un poulailler préhistorique » !

Le temps de la retraite de Pierre et des recherches historiques sur Paris, puis sur Gometz-la-Ville et les alentours.

Mme et M. Rousseau à La Vacheresse 1991
Mme et M. Rousseau à La Vacheresse 1991

Lorsque Pierre s’est trouvé à la retraite, nous sommes venus plus souvent et nous nous installâmes petit-à-petit. Mais nous continuions à vivre à Paris. Pierre faisait toujours des recherches avec M. Bablon, spécialiste de Paris, notamment sur l’histoire de différents quartiers, d’hôtels particuliers, etc.

Mme et M. Rousseau à La Vacheresse 1978

Notre arrivée définitive s’est faite en 1973. Mais, même lorsque nous nous sommes retrouvés à la retraite tous les deux, pendant plusieurs années nous allions encore à Paris 4 ou 5 jours par semaine pour faire des recherches sur différents quartiers, avec parfois des prises de photos des lieux concernés. »

André Lacheny évoque le souvenir d’une visite d’un quartier de Paris, conduite par Pierre Rousseau : « Dans la cour d’un hôtel particulier en travaux, des ouvriers s’étaient arrêtés de travailler pour écouter Monsieur Rousseau qui racontait l’histoire de cette demeure ». Mme Rousseau, précise :

« C’était l’hôtel de la marquise de Brinvilliers. À cette époque-là, on commençait à fermer tous ces hôtels alors qu’avant on pouvait entrer librement, comme on voulait, dans les cours. Mais comme Pierre avait des connaissances partout et qu’il était très bien avec tous, notamment avec le député-maire de Versailles et le service du patrimoine, on a eu la possibilité d’avoir des cartes d’accès à tous ces lieux. À d’autres moments, nous avons pu emprunter aux archives et aux bibliothèques des documents de très grande valeur. Monsieur Jacquemard, qui s’occupait du club photo, s’en souvient certainement car c’est souvent lui qui prenait des photographies pour les expositions organisées à Gometz1.

Puis avec lui, nous avons fait des recherches sur Gometz. Je me rappelle par exemple d’une période de recherches sur la Gruerie, sur l’histoire des bois, les limites de ce qu’on appelait la gruerie, c’est-à-dire la partie réservée pour les chasses royales. Nous avons recherché les bornes à partir de plans trouvés dans un musée. Pierre passait beaucoup de temps dans les musées à Paris ; il y avait des plans énormes ! On lui a ouvert les plans de Colbert et il me semble que Monsieur Jacquemard en a pris des photos. Nous allions dans les bibliothèques, Pierre prenait des notes et je l’aidais à les mettre au clair et à rédiger. Ses recherches étaient longues, prenaient du temps car il devait recopier tout à la main. Maintenant, vous avez les microfilms, vous avez toutes les possibilités de recherches. Mais, on ne vous donnera plus les documents originaux. On lui confiait des livres anciens énormes qui contenaient de remarquables reproductions et lorsqu’il les consultait, il découvrait parfois que des pages avaient été arrachées. Des gens malhonnêtes se servaient et revendaient cela dans des ventes.

Comme on avait des amis et des connaissances du passé, nous avions la possibilité d’aller à l’Assemblée Nationale. Je me souviens, en particulier, pendant les vacances, on nous a ouvert la bibliothèque de l’Assemblée ; nous étions seuls, nous avons consulté des ouvrages, retrouvé des codex, des choses absolument splendides. N’importe qui aurait pu cambrioler ! »

Une pause et un rendez-vous.

Voilà plus d’une heure que nous conversons. Mme Rousseau souhaite faire une petite pause. Puis elle évoque de nombreux souvenirs qu’il nous faudra recueillir lors d’un autre entretien. Nous relevons une liste de différents sujets et périodes de leur vie qui pourront nourrir nos prochaines rencontres. Encore quelques échanges et l’ouverture d’un dossier de Pierre qui contient quelques documents que nous nous proposons d’analyser ultérieurement. Mais il se fait tard et nous prenons congé en remerciant Mme Rousseau et sa fille, Mylène, de leur chaleureux accueil.

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À suivre …/…

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