Anecdotes des débuts de Chevry
par Catherine LANGLOYS (allée du Lavoir)
Chevry est trop loin de ma famille !
Nous avons acheté notre maison de Chevry sur plan en septembre 1972. IL n’y avait à ce moment-là qu’un champ cultivé et 7 maisons témoins.
Je n’avais alors aucune envie de quitter Paris, ma ville natale où je me sentais bien et avais tous mes amis. Nous avons été poussés par un groupe d’amis qui avaient eu connaissance du programme de Robert de Balkany en Essonne. Je dis alors à mon mari qui n’avait, lui, qu’une idée : quitter Paris où il galérait tous les soirs pour trouver une place où se garer.
— Je veux bien aller visiter ces maisons, rien que pour voir, mais une chose est certaine, je ne veux pas aller m’installer là-bas ! C’est trop loin de ma famille.
Nous sommes donc partis un dimanche après-midi, Joël la joie au cœur et moi, la mort dans l’âme…
Nous avons été accueillis par un comité de défense de l’environnement, solidement armé de pancartes où était inscrits les mots « Non à Chevry » Il s’agissait d’habitants de Belleville qui n’étaient pas enchantés de voir leur tranquillité mise en péril.
Nous visitâmes les 6 premières maisons que je trouvai jolies et bien aménagées, mais qui n’avaient rien pour faire changer mon opinion.
C’est en visitant la dernière que je fus séduite, au point que deux jours après, nous avions signé l’achat.
Un an et quatre mois se sont passés avant que la maison ne soit prête.
À l’époque, seuls les quartiers du Champ de la Mare et de La Pièce du Lavoir existaient, ainsi que Les Neuveries avec son école.
Mais nous pouvions déménager.
Le jour de l’arrivée de notre déménagement, en fait, rien n’était terminé
Un amas de gravats nous attendait dans l’entrée de la maison, parpaings, briques, tuiles, planches et autres chiffons étaient amassés sur le sol qui était toujours en ciment ainsi que tout le rez-de-chaussée, alors que de la moquette aurait dû être posée partout.
Dehors, ce n’était pas mieux, le terrain était un dépotoir et la maison était cernée par un fossé de 50 cm. La terre rapportée ne l’avait pas encore été et, à sa place, on pouvait trouver là encore des gravats, des fils de fer, des bouteilles de bière ou des canettes en tous genres.
L’hiver en 1974 fut très pluvieux et le fossé se remplit vite, donnant à notre maison des allures de château fort entouré de ses douves. La structure argileuse de la terre remplissait à merveille sa fonction d’étanchéité et l’eau stagnait, nous obligeant à mettre des bottes à chaque sortie.
Un immense tas de terre trônait au milieu du terrain. Il s’agissait de la terre rapportée qui serait étalée plus tard.
La butte entre la rocade et le jardin n’existait pas encore non plus. Nous étions jeunes et vigoureux et tout cela ne nous inquiéta pas.
Nos deux jeunes garçons, de deux et cinq ans, étaient fous de joie et couraient partout pour explorer leur nouveau domaine.
Au bout de quelques semaines, tout était rentré dans l’ordre et avait pris place.
Cinq ménages d’amis proches avaient suivi le même chemin que nous et la vie à Chevry dès le printemps suivant avait des allures de vacances permanentes.
Mais il fallait tout de même travailler… !
Je prenais le RER à Massy, Le matin, celui de 8h04. À l’époque il n’y avait encore pas grand monde sur la route et je partais à 7h45 et me garais devant le bâtiment de la gare dans la rue principale de Massy ! À peine croyable…
Les courses se faisaient uniquement à Carrefour, une fois par semaine. Il y avait aussi une petite supérette au niveau des Neuveries.
L’école maternelle et primaire des Neuveries existait déjà et notre fils aîné put y terminer sa dernière année de maternelle.
Les vitres des fenêtres n’avaient pas été protégées par la fermeture des volets lors de la projection du crépi, si bien qu’elles étaient toutes intégralement rayées.
Après l’avoir signalé au service après-vente, il fut décidé de les remplacer.
Quelques jours plus tard, la jeune fille qui gardait les enfants me signala que des vitriers étaient venus pour changer toutes les vitres. y compris les vitres de la porte-fenêtre entre l’entrée et le salon, qui n’avaient bien entendu eu aucune projection et donc étaient intactes… !

